Effets de l’exposition in vitro simultanée à des champs électromagnétiques de radiofréquences de 3,5 GHz (modulation 5G) et de 1,8 GHz (modulation GSM) sur l'activité électrique des réseaux neuronaux et le stress cellulaire dans les fibroblastes cutanés

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Les chercheurs ont étudié les effets de l’exposition simultanée à des champs électromagnétiques de différentes fréquences comprises dans la gamme des radiofréquences (CEM-RF). Ils ont réalisé des tests sur des neurones et des fibroblastes en laboratoire. Les fibroblastes sont des cellules de la peau présentes dans le tissu conjonctif, un tissu spécialisé du corps humain. Celui-ci joue notamment le rôle de « ciment » entre les différents constituants de notre corps et assure ainsi la cohésion entre les cellules, les tissus et les organes. Les neurones sont des cellules du système nerveux qui interviennent dans la production, la transmission et l’analyse de messages.

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Les chercheurs se sont concentrés sur trois paramètres : l’activité électrique des neurones, ainsi que la production de Dérivés Réactifs de l’Oxygène (DRO) et la réponse des protéines de stress cellulaire des fibroblastes. Les DRO sont notamment impliqués dans le processus de stress oxydatif qui peut altérer le fonctionnement des cellules. Les protéines de stress cellulaire sont des molécules produites pour protéger les cellules contre des agressions.

Plusieurs conditions ont été testées par les chercheurs. Plusieurs groupes de neurones et de fibroblastes ont été exposés de façon simultanée à deux signaux modulés : (1) CEM-RF 5G à 3.5 GHz et (2) CEM-RF GSM à 1.8 GHz. Avec la co-exposition aux deux signaux, les chercheurs ont voulu simuler une exposition environnementale réaliste. La quantité d’énergie de radiofréquence absorbée par les cellules lors de leur exposition a été calculée et est représentée par le débit d’absorption Spécifique (DAS). Les groupes de cellules ont été exposées à des DAS de 1 ou 4 W/kg, pendant 15 min ou de 24 heures. En plus, des groupes exposés aux CEM-RF, les chercheurs ont utilisé des conditions dites « sham ». Les cellules des groupes « sham » ont été placées dans les mêmes conditions que les cellules des groupes exposés aux CEM-RF (dans le même incubateur, situé dans le même laboratoire, etc.) à l’exception du système d’exposition qui était éteint. Cela permet de s’assurer qu’une différence entre les groupes (exposé et « sham »), si elle existe, est due à l’exposition et non à un autre paramètre de l’environnement de test qui diffèrerait entre les deux groupes. De plus, les tests ont été conduits à l’aveugle, c’est-à-dire sans que les chercheurs ne soient informés sur l’exposition appliquée (CEM-RF ou « sham »).

Les groupes de cellules étaient donc :

  • Neurones
    • exposés aux CEM-RF (signal 5G, 3.5 GHz + signal GSM 1.8 GHz), DAS 1 W/Kg ;
    • conditions dites « sham » correspondant à la condition avec un DAS 1 W/Kg ;
    • exposés aux CEM-RF (signal 5G, 3.5 GHz + signal GSM 1.8 GHz), DAS 4 W/Kg ; 
    • conditions dites « sham » correspondant à la condition avec un DAS 4 W/Kg ;
  • Fibroblastes
    • exposés aux CEM-RF (signal 5G, 3.5 GHz + signal GSM 1.8 GHz), DAS 1 W/Kg ;
    • conditions dites « sham » correspondant à la condition avec un DAS 1 W/Kg ;
    • exposés aux CEM-RF (signal 5G, 3.5 GHz + signal GSM 1.8 GHz) DAS 4 W/Kg ;
    • conditions dites « sham » correspondant à la condition avec un DAS 4 W/Kg ;

Dans les conditions de l’étude, l’exposition simultanée à différentes fréquences et modulations de CEM-RF n’a pas montré d’effets sur les neurones, ni sur la production de DRO au sein des fibroblastes. Par ailleurs, les résultats concernant les protéines de stress cellulaire ont montré de faibles variations sans toutefois suivre une même logique cohérente. Les chercheurs en concluent que leurs résultats ne fournissent aucune preuve d’effets biologiques liés à l’exposition simultanée aux deux signaux utilisés (5G, 3,5 GHz et GSM 1.8 GHz).

Cette étude a été conduite en respectant la plupart des critères de qualité : conduite des tests à l’aveugle, utilisation de conditions « sham », dosimétrie appropriée (DAS). Toutefois, le contrôle de la température au niveau des cellules permettrait d’améliorer encore la qualité de l’étude en s’assurant que l’exposition aux CEM-RF, n’a pas induit une variation de température au niveau des cellules.